Les indicatifs spéciaux : une dérive absurde ?

Il fut un temps où les indicatifs spéciaux – ces précieuses combinaisons de lettres comme TM1A, TM5XYZ, ou encore TMØDX – étaient prisés par la communauté radioamateur. Accordés avec parcimonie par l’administration, ils représentaient des événements marquants : anniversaires liés à l’histoire des télécommunications, commémorations d’inventions cruciales, ou encore lors de grandes compétitions nécessitant des indicatifs courts pour optimiser le trafic.

Mais depuis quelques années, ces indicatifs spéciaux sont devenus aussi communs que les feuilles mortes en automne. Pourquoi ? Simple : ils sont gratuits et désormais perçus comme un gadget marketing par certains. L’effet ? Une débauche d’indicatifs pour des événements qui n’ont souvent aucun lien – ni de près ni de loin – avec notre passion commune.

Des indicatifs pour tout et (surtout) n’importe quoi

Quand un indicatif spécial célèbre le centenaire de la première transmission transatlantique, il y a de quoi être fier. Dans un format court pour un concours international l’utilité n’est plus à démontrer.
Mais aujourd’hui, nous voici face à des aberrations :

  • TM9XXL pour célébrer une fête de village où la radioamateur est vaguement mentionnée.
  • TM1FRITE pour l’anniversaire d’un food-truck (non, ce n’est pas une blague).
  • Et pourquoi pas TM0CAROUF pour l’ouverture du parking de la zone commerciale voisine, tant qu’on y est ?

Le sérieux de notre activité en prend un sacré coup. On confine au ridicule.
Si tout devient « événementiel, » alors plus rien ne l’est.

Le problème : une banalisation néfaste

En sur-utilisant ces indicatifs spéciaux, on dilue leur valeur symbolique et leur impact. Là où un indicatif unique attirait autrefois l’attention des radioamateurs du monde entier, les activations se noient désormais dans une mer de TM sans intérêt réel. Résultat ?

  1. Perte de crédibilité : Qui prendra au sérieux un indicatif censé célébrer l’ »Année de la betterave » ?
  2. Fatigue du DXer : Les chasseurs de contacts spéciaux finissent par lever les yeux au ciel en découvrant que TMXXX correspond encore à une banalité locale.
  3. Déconnexion avec nos racines : La radioamateurisme, à ses débuts, était synonyme d’exploration, d’innovation. Le RR vous vous souvenez ?

Une solution pour retrouver du bon sens

Il est peut-être temps que l’administration resserre un peu les vis :

  • Réintroduire des critères clairs : Un indicatif spécial devrait honorer un événement lié à la technique, à l’histoire de la radio, ou à la promotion réelle de l’activité.
  • Rendre ces indicatifs payants à nouveau : Une petite contribution pourrait limiter les demandes fantaisistes.
  • Limiter leur nombre annuel : Préserver leur rareté, donc leur valeur.

En conclusion

Les indicatifs spéciaux sont une richesse pour la communauté radioamateur. Mais leur prolifération absurde et leur banalisation risquent d’éroder leur symbolisme et de nuire à notre image collective. Si nous voulons que notre passion reste respectée, il est temps de poser les bons garde-fous. Et encore, il ne ségit ici que d’une toute petite facette d’un problème plus vaste…

Bonne activation !

Les forums radioamateurs me fatiguent

Et ca ne s’arrange pas.
Quoi de plus vain que tous ces forums qui fleurissent partout sur la toile? Pour prendre un exemple bien connu, j’ai longtemps été un lecteur régulier des forums de radioamateur.org. Bien que plutôt de bonne tenue on peut légitimement se demander si toute l’énergie dépensée ici en polémiques diverses et souvent stériles ne serait pas mieux employée au sein d’associations radioamateurs, ou plus simplement sur l’air. Il est amusant de constater que les sujets les plus lus où suscitant le plus de réponses sont la plus part du temps les sujets traitant par exemple du statut des novices, de celui de la télégraphie ou Echolink (que je n’aimes pas, mais bon…) etc.
Bref, tout sujet, qui à coups sur, amènerons des commentaires et des points de vues aussi passionnés qu’irréconciliables. Les officionados de ces forums se font sans aucun doute une vue erronée de l’audience de ceux-ci. Bien que le nombre de lectures de chacun de ces sujets puissent parraitre impressionnant (plusieurs centaines ou plusieurs milliers de lectures) toutes ces lectures ne réprésentent en fait pas grand chose. Chaque passage sur la page incrémente le compteur de visite, même si c’est la même personne qui vient lire plusieurs fois le même sujet…
Ramenons maintenant ces lectures aux nombres de radioamateurs. Le résultat alors est proche de… rien. Toujours les mêmes habitués. Il est alors dangereux de retirer la moindre légitimité de cette « audience » qui n’est qu’un mirage. Hors certains tombent facilement dans ce travers.

Allez, je retourne prendre l’air.

Retour de microphone vers vous

En voilà une expression qu’elle est belle!
« retour de microphone vers vous ».
Entendu ce soir, une fois de plus sur 80m. Mais on peut l’entendre sans trop de difficulté jusqu’à la bande des 2 mètres au moins. De la même veine, je vous livre un commentaire de F9OE après un concours de courte durée:
« Une (mauvaise) habitude semble s’installer chez certains. Voici les faits :
– Appel de F6XYZ
– F6XYZ de F9OE
– F9OE de F6XYZ allez-y
Je veux bien mais où ?
Heureusement d’autres me demandent de « revenir » … avec mon indicatif …
Je sais c’était de courte durée, mais à mon âge je ne voudrais pas passer mon temps à aller et revenir !
73 de F9OE/91″

Et les progressifs? On aurait oublié les progressifs?
A venir TROP RAPIDEMENT du 27MHz, grace ou à cause d’un examen où le seul mérite réside à savoir lire, voilà ce qui arrive.

FT5XO

Que voilà une superbe expé!
Là, je ne parle pas d’une « activation » (expression que j’exècre) du dimanche. Pas le château du coin de la rue où il suffit d’être à 500m(!!!) de l’entrée du parc, tranquillement installé dans la R12 (quelle belle voiture!) pour s’amuser sur 40m le dimanche matin. Enfin le dimanche matin, mais pas trop tôt quand même. Ni après 12h car c’est l’heure de l’apéro.
Bref, une vrai expédition. Trois semaines de présence dans l’océan indien. Activité soutenue sur toutes les bandes, 24h sur 24h avec des opérateurs de haut niveau.
Savez-vous ce qui m’a particulièrement plus dans cette affaire?
Et bien justement ça ne ressemblait pas à une… affaire. Un petit mot à Dayton un an auparavant, presque en catimini:
« Rendez-vous l’année prochaine aux Kerguelen. » C’est tout.
L’année d’après, début 2005, un petit mot dans les gazettes dx:
« Nous serons sur place dans trois semaines. Indicatif dévoilé une fois
sur place ». CA c’est top!
Pas de site internet avec des logos de sponsors qui clignotent dans
tous les sens, pas d’appel au peuple pour quémander quelques dollars.
Rien. Nada. Que dalle. Pas de log en ligne, au grand dame de branquignols qui beuglent dans les pile-ups sans être sûr d’avoir fait le QSO. Justes des ops au top et motivés.
Et bien vous savez quoi?
Avec la qsl, j’enverrai 20$.