MS: Pourquoi je préfère le FSK441

Sur le papier et dans les manuels, la messe est dite depuis longtemps : le MSK144 est le roi incontesté du Meteor Scatter. Avec son gain théorique de +8 dB par rapport au FSK441, son codage correcteur d’erreur LDPC et l’absence totale de « faux décodages », il a naturellement supplanté le FSK441 dans WSJT-X.

Pourtant, sur l’air, l’expérience réserve souvent des surprises. Il suffit d’une session matinale sur des réceptions faibles ou « diffuses » pour constater que le bon vieux FSK441 extrait des contacts là où le MSK144 reste désespérément muet.
C’est ce que les Perséïdes 2026 m’ont encore démontré ces derniers jours.

Alors, comment expliquer que la pratique contredise la théorie ? Voici selon moi les trois raisons physiques et humaines de ce phénomène.

1. L’effet « Tout ou Rien » : le mur du MSK144
Le MSK144 s’appuie sur une correction d’erreur très stricte. Sa logique est binaire : soit le signal est suffisant pour reconstituer la trame à 100 %, soit le logiciel jette tout à la poubelle. C’est ce qu’on appelle l’effet de falaise (cliff effect). Si le ping est trop court (moins de 70 ms) ou que le signal s’effondre un poil trop tôt, le décodeur n’affiche absolument rien.

Le FSK441, lui, n’a pas de correction d’erreur ni de contrôle CRC. Il se dégrade progressivement. Si le signal est très faible ou haché, il livre du texte partiel, des brides d’indicatifs ou des morceaux de report (ex: F1ABC … R23). Là où le MSK144 masque l’information par prudence, le FSK441 donne de la matière brute à l’opérateur.

2. La physique de la traînée : Phase vs Tonalités Audio
Lors d’une réflexion « diffuse » (quand la traînée météoritique est déformée par les vents de la haute atmosphère ou s’effiloche) :
Le MSK144 (Modulation cohérente) a besoin d’une phase radio très stable. Si la réflexion crée des multitrajets ou des turbulences, la phase saute. Le décodeur perd sa synchronisation et échoue.
Le FSK441 (Modulation non cohérente) utilise 4 tonalités audio distinctes. Peu lui importe que la phase tourne ou que le signal saute ! Tant que la fréquence de la note reste mesurable au milieu du souffle, le son est interprété sous forme de caractère. Il est d’une robustesse redoutable face au chaos de la haute atmosphère.

3. Le machin mou entre vos deux oreilles
La différence fondamentale réside enfin dans le rôle de l’opérateur :
Sur MSK144, l’ordinateur tranche seul. Vous êtes spectateur du résultat.
Sur FSK441, l’ordinateur affiche ce qu’il entend, et c’est le « filtre » de votre cerveau qui fait le reste. Un œil entraîné repère une répétition, un rythme ou une tonalité isolée signifiant un RRR ou un 73.

Exemple d’une recéption entre SP2ERZ et F5LEN
FSK441 084200 10.2 s 260 ms 2 dB 26 18 Hz > DN SP2E F5LEN SP2ERZ F5L N SP2ERZ F5L*N SP#
L’humain (le revoilà!) parvient à reconstituer le message là où un algorithme rigide se plante.

Alors certes, on perd l’automatisme du logiciel qui enchaine les séquences du QSO au rythme de ce qu’il décode. Mais le bénéfice reste évident de pouvoir faire un QSO en manuel quand l’autre ne fait rien. Nada. NIL.
Encore un truc anti-bot qui me botte! (humour à deux balles).

Bien dommage que le FSK441 ne soit plus supporté par les versions actuelles de WSJT-X.
Il reste donc à fouiller dans les archives pour exhumer une vieille version de WSJT ou alors beaucoup plus simple, installer MSHV…

Perséides 2018

6 contacts seulement pour cette session 2018.
Pas eu le temps nécessaire pour rester à la station pour profiter des conditions.
De plus, avec un pic prévu le 12/13 et donc surtout le lundi matin 13 pas facile. J’ai réalisé la majeure partie des contacts dimanche matin. Et, grande première, premier QSO réalisé en remote avec la station VHF le lendemain avec 9A/S54O.
Néanmoins, quelques carrés nouveaux contactés avec un ODX à 1660 km avec LZ5D en random.


Ca n’a pas de lien direct avec les cailloux, mais je suis resté bloqué sur un graphique qui est publié sur le site de l’International Meteor Organization (IMO: https://www.imo.net ) .
Le graphique (ci-dessous) représente l’évolution du nombre d’observateurs et les heures cumulées d’observations entre 1980 et maintenant.
On note une érosion continue depuis le début des années 2000.
Ca ne vous rappelle rien ? Est-ce un maux qui touche toutes les activités techniques et scientifiques amateurs ?
Je continue à m’interroger. Un sociologue dans la salle ?

Perséides 2017

Ce week-end c’était le pic des Perséides. Une bonne occasion de réaliser quelques contacts en meteorscatter. Je ne suis pas un spécialiste, ni un fan absolu de ce type de trafic mais lors des plus importantes pluies de météorites, l’activité est remarquable. Il faut donc savoir en profiter.

Je n’ai été présent que quelques heures samedi et dimanche matin. Le samedi matin m’a semblé d’ailleurs meilleur vu d’ici. Reçus de nombreux bursts de stations d’Ukraine ou de Biélorussie que je n’ai plus entendus dimanche. La plus grande partie des qso a été réalisée en random en écoutant le 144.370 MHz et en répondant aux stations qui appelaient. J’étais également connecté au chat ON4KST mais j’avoue que le flot de messages, dont la plus grande partie est complètement inutile, est pour le moins pesant.
D’ailleurs, il est toujours étonnant de voir le nombre de commentaires de partenaires sur des QSO qu’ils sont entrain d’essayer de réaliser. Je ne suis pas du tout certain qu’il reste une once de déontologie dans tout cela. Bon. Faut faire avec il parait.
C’est juste nul. Manque de culture sans doute.

En MS, comme dans les autres modes de propagation, la topographie de mon environnement m’handicape sérieusement vers le nord. On peut s’en rendre compte sur la carte des contacts réalisés. Il faut dire que ~90 W dans une 10 éléments, on connait des stations plus performantes…
Si j’en ai l’occasion, j’essayerai l’an prochain d’utiliser la station /p.

Mon meilleur qso est avec LZ6Y à 1695 km.

IT9GSF JM67ST à 1342 km
LZ2FO KN13KX à 1384 km
OK1MDK JN79TO à 701 km
EI9E IO61AX à 1068 km
HA6TV/P JN97WV à 1021 km
LZ6Y KN32AH à 1695 km
GW4BVE/P IO72QT à 890 km
HA6NY JN98WC à 1018 km
E77AR JN94AS à 1004 km
LZ2PI KN23XU à 1611 km
EA5DF IM99RM à 1142 km

Pour mémoire,  les prochaines pluies majeures prévues sont:
Les Orionides entre le 2 octobre et le 7 novembre – pic ~ 21 octobre
Les Géminides 4 décembre au 17 décembre – pic ~ 13/14 décembre
Les Quadrantides  1 janvier au 6 janvier – pic ~ 3 janvier